Pourquoi les grèves de train sont formidables


Posted in Ma vie au boulot by mavieaub - Oct 25, 2012

Phénomène franco-français, les grèves font parties de la vie courante, on a depuis longtemps appris à vivre avec, il faut s’adapter si on veut survivre, Darwin, tout ça.

Ce matin donc, grève des trains – c’est étrange, la veille des vacances ça n’arrive jamais – ni une ni deux je me suis mis en mode survie, et je suis partie à l’aventure.
Et encore une fois j’ai été gâté !

Je ne parlerai pas des problèmes que j’ai pu avoir ou que j’ai réussi à éviter, tout cela n’a aucun intérêt, c’est la côté obscur de la force (de la grève, pardon). Encore que, à bien y réfléchir et comme je l’avais déjà dit lors d’une précédente grève :

Une grève c’est surtout une excuse toute trouvée pour arriver tard et repartir tôt du boulot.

En soit c’est donc déjà formidable.

Mais surtout, comme à chaque grève des trains, j’ai ouvert mes oreilles, car le bonheur est à portée d’ouïe.

greve des trains

Et encore une fois ce fut merveilleux, les gens doivent me prendre pour un fou, mais mon sourire ne m’a pas lâché. Les dialogues auxquels on peut assister sont des perles de chaque instant, ou la courtoisie se mêle à l’amour de son prochain, la joie de vivre ensemble, l’entraide, du bonheur.

Scène 1, extérieur, petit matin froid :
« Heeehoooo, vous pouvez pas avancer dans les couloirs là »
« bah non, heee, tu vois bien qu’on est coincé »
« J’m’en fou je peux pas rentrer dans le train »
« t’as qu’à être moins grosse, connasse »

Scène 2, à l’intérieur du train, une petite dame cherche à se frayer un chemin jusqu’à une place assise à l’autre bout du train
« pardon, pardon, …, pardon je voudrai passer là, pardon, …, mais poussez vous c’est pas possible… »
quelqu’un lui pique SA place
« Ahh mais non, là c’était ma place »
« bah non, c’est pas écrit dessus »
« ahh mais, si je veux ma place, je suis fatigué, j’ai attendu dehors dans le froid, j’ai eu du mal à monter dans le train, je vais au travail, vous êtes jeune, laissez moi ma place »
« bah non »
« ahhhh, rhaaa, mais c’est pas possible, hein monsieur vous êtes témoin c’est pas possible, c’est ma place, y’a plus de jeunesse, tous des cons, rhaaa »

Scène 3, à l’intérieur du train, à l’arrêt à une station, 3s avant que le train ne ferme ses portes
« ahhhhh, merde, c’est ma station, vite, pardon, pardon…pardon »
« aye, mon pied »
« pardon pardon »
« mais t’es con, tu pouvais pas t’y prendre avant pour sortir »
« ta gueule, connard »
« j’t’emmerde »

DU BONHEUR.

Et je suis arrivé au boulot à l’heure ce matin, j’ai donc une double exuse pour partir plus tôt ce soir.

Oct
25